10.2.16

Le livre électronique, démocratisation ou médiocratie ?


En 2014, la Fédération des Éditeurs Européens (FEE) annonçait que le marché du livre électronique était en pleine croissance, et représentait, en valeur, 5% du marché total du livre. Ces ouvrages numériques présentent des avantages certains, liés notamment au prix d’achat, à l’ergonomie et à la rapidité d’acquisition : en 5 minutes, on peut le choisir, l’acheter et commencer à le lire, le tout sans quitter son canapé.

L’informatisation de la littérature est-elle un progrès ? La question ne fait pas l’unanimité.
En effet, alors que les ventes de livres électroniques et de liseuses augmentent, le marché du livre physique, lui ne cesse de décliner, et le débat fait rage…


Comme toute innovation, la question soulève de nombreuses interrogations, qui touchent chaque maillon de la chaîne, de la conception à la consommation, en passant par la production et la distribution (auteurs, éditeurs, libraires, lecteurs).

Un document en ligne se partage bien plus aisément et rapidement qu’un ouvrage papier, sans parler des plateformes (légales ou illégales) qui les distribuent gratuitement. Quid alors des droits d’auteur ? Ceux-ci sont réglementés lors du contrat avec l’éditeur, qui verse à l’auteur un à-valoir, soit un acompte sur les gains espérés du livre ; cet à-valoir est définitif, même si le livre ne connaît pas le succès.
En réalité, les maisons d’édition, dont on pense souvent qu’elles ont le mauvais rôle, assurent aux auteurs une protection financière et une couverture médiatique non négligeables.

Les autres grandes victimes du livre dématérialisé sont bien sûr les libraires, dont chaque exemplaire téléchargé en ligne équivaut à une perte sèche.

Mais même les lecteurs ne sont pas les grands gagnants qu’on pourrait croire. Premièrement parce que les livres électroniques ne sont pas beaucoup plus économiques que les autres (seulement 10 à 20% moins chers seulement selon une étude du Monde), alors que le confort de lecture n’est pas le même, et qu’on est tout de même en droit de se demander si les coûts d’impression, de stockage et de transport sont vraiment si négligeables que cela. D’autre part, l’achat en ligne ne se fait pas sous couvert d’anonymat, puisqu’il est nécessaire d’entrer ses coordonnées au moment du paiement. Et bien souvent, la plateforme fait signer de nombreuses restrictions à l’acheteur, qui n’a pas le droit de copier, de vendre ou de diffuser le contenu de son acquisition par exemple ; avec un vrai livre, on peut faire ce que l’on veut.
Enfin, de nombreux auteurs rejetés par les maisons d’édition décident de s’auto-publier sur internet. Pour les lecteurs, cela signifie certes plus de contenu, mais rien n’en garantit la qualité, ni du récit, ni de l’écriture : en sautant la case éditeur, les auteurs ne bénéficient plus des corrections orthographiques et grammaticales incluses dans le contrat.

Quel avenir donc pour la littérature ? La quantité l’emportera-t-elle sur la qualité ? Seul le temps répondra à cette question.


5.2.16

Surfez ailleurs que sur Internet !

Les yeux scotchés sur votre écran de smartphone/tablette/ordinateur, le monde semble évoluer sans vous. Entre Facebook, Instagram, Twitter et de nombreux autres réseaux sociaux, la plupart des personnes découvrent des paysages, des coutumes, des événements dans le confort de leurs canapés ou même dans le bus. 

Mais est-ce que derrière cet écran ne se cacherait pas la vraie beauté du moment? Un « J’ai vu un tweet dessus » ne vaut-il pas moins qu’un « j’y étais »?

Ce sont ces questions que deux étudiants brésiliens de l’université de Fortaleza ont essayé de faire passer à travers cette campagne de publicité pour l’agence de voyage CVC Travel Agency. On pousse ici le consommateur à explorer le monde qu’il aperçoit seulement à travers les réseaux sociaux.


On dit merci la pub pour ces superbes affiches pleines de réflexion !