4.7.14

Droit à l'oubli : quand le géant Google censure l'accès à des articles de presse


Mardi 13 mai 2014, la Cour de justice de l'Union européenne a tranché : l'exploitant d'un moteur de recherche est responsable du traitement des données personnelles qu'il collecte. Les particuliers ont désormais le droit de faire supprimer les liens vers les pages comportant des informations personnelles qu'ils jugent "non pertinentes, obsolètes ou inappropriées". 


Conformément à cette décision de loi, Google met en ligne le 30 mai 2014 un formulaire accessible aux Européens pour demander la suppression de résultats de recherche. En seulement un mois, le géant américain reçoit ainsi pas moins de 70 000 demandes de retrait de liens.  

Suite à de nombreux articles supprimés sur le moteur de recherche, notamment sur des sites de médias britanniques tel que The Guardian ou encore le Daily Mail, une levée de boucliers a eu lieu du côté des médias européens qui accusent Google de censure. En effet, au Guardian par exemple, on a déploré la disparition d'un article concernant un avocat accusé de fraude... Selon eux, cette mesure serait une porte ouverte à des "démarches des riches et puissants pour lisser leur image sur le web". L’éditeur du Mail Online, Martin Clarke, a quant à lui estimé que cette mesure revenait à «aller dans des bibliothèques pour brûler des livres que vous n’aimez pas». 

Pour le moment, les médias n'ont aucun moyen de connaitre l'identité du réclamant ni les raisons du déréférencement d'un article. Avec pas moins de 1000 demandes de retraits par jour, il semblerait que les articles de presse polémiques n'aient pas fini de disparaitre chez Google...